Conjecture Cinéma

« Le numérique ne marche pas. » – Conjecture Cinéma [I]

Il semblerait que la révolution numérique n'ait pas fonctionné. C'est tout du moins ainsi que l'on formulerait, à tort, ce constat amer. À  tort puisque c'est y projeter l'erreur et la désillusion de nos vieux fantasmes. Comme à l'apparition de la télévision, il ne fallait pas en attendre tant. Les mutations techniques ne font guère sourciller les grands maux, d'autant plus quand leur fonction s'approche davantage de l'amplificateur que de la table de mixage.

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Yasujirō Ozu

Nuances grises, robe blanche, doutes noirs

Été précoce (麦秋 1951) Yasujirō Ozu Été précoce s'ouvre sur une plage, vagues douces, parcourue par un chien. On sait la charge symbolique que l'on peut prêter à cet animal chez Ozu : C'est le témoin dans la famille, cet observateur dont la place sociale et physique est comparable à la caméra ozuesque. [...]

Scène contemporaine

Ready Player One : Par-delà le Bon et le Mauvais

Qui découvre Ready Player One avec un œil bel et bien éveillé, loin de toute hypnose, assiste à un spectacle sans doute déconcertant : Tant de défauts gommés dans sa réception. Tant de ressorts fatals qui abattaient à vif nombre de blockbusters. Tout cela, disparu. Ces vents si favorables - du public comme de la presse - sont évidemment nourris par diverses moteurs. Il y a de quoi acter pour l'irrationnel. Toutefois, et avant de s'attarder sur ce point, il convient, de par la position impopulaire que je défends, et afin d'avoir une pareille conscience de ses défauts, de s'attarder, d'abord, sur toutes ces aspérités malheureuses qui furent tant gommées, minorées, silencées...

Scène contemporaine

Ces fantasques garçons…

Les Garçons sauvages (2018) Bertrand Mandico Pédoncule tropical, pellicule végétale, péninsule hormonale, panicules génitales... Aborder Les Garçons sauvages c'est risquer l'ivresse : celle des sens, des paillettes, des pulsions... Bertrand Mandico a bu des arts toute la sève séminale. Ainsi fécondés, les fruits poilus de ses fantasmes ovoïdes lui font tracer une transfiguration orga-n/sm-ique : ces fantasques garçons... [...]

Scène contemporaine

Grave × Laissez bronzer les cadavres

Comme un bout de chair torturé, s'arrachant sous la dent, se brisant face au métal impulsif d'un coup de feu, le genre a percé, cette année encore, cette année enfin, la carapace des conventions. Ainsi, deux sorties françaises semblent s'être imposées, à mes yeux tout au moins. Toutefois, s'il est peu surprenant de les rapprocher, tant leur affirmation profonde du genre les détache du paysage cinématographique français ; il me semble, dans un second temps, nécessaire de les distinguer, de les éloigner, puisqu'elles forment, ensemble, un dialogue fertile et antithétique du genre à lui-même. Traversons donc, d'un geste double, grave comme aigu, le cinéma de genre français en 2017. [...]

Scène contemporaine

Quatre intentions plastiques

La sortie en salles, cette semaine, du documentaire Human Flow, réalisé par le plasticien engagé Ai Weiwei, m’a donné envie de porter un regard en arrière, sur l’année 2017 : De se demander comment un corpus de quatre œuvres données (Jackie ; David Lynch : The Art Life ; Voyage of Time et Le Portrait interdit) interrogeait, dans toute sa variété, la plasticité, au cinéma. [...]

Scène contemporaine

Plaire et instruire : Le coureur de l’âme

Blade Runner 2049 (2017) Denis Villeneuve "Nous voilà donc sur ce fil tendu entre la culture d'un héritage et la nouveauté d'un regard. C'est la retrouvaille d'un geste cinématographique : Le dialogue d'un négatif et d'un positif ; à la fois la filiation des formes et la trahison des couleurs. Ainsi, BR2049 se pose comme une antithèse : poursuivant une même logique, une même fin, mais par un geste différent [...]"